«Et maintenant, nous avons le plaisir d’entendre notre superDoris conseillère fédérale. Doris c’est l’énergie, c’est la chaleur, c’est la lumière, c’est la communication.» La conseillère nationale Thérèse Meyer-Kaelin donne le ton, la ministre de l’Environnement, des transports, de l’énergie et de la communication peut alors monter sur l’imposante tribune et galvaniser la foule.
Ils étaient 330, presque tous démocrates-chrétiens, à s’être déplacés à la menuiserie des frères Pittet, à Vaulruz, pour le lancement public de la campagne PDC pour les élections fédérales et cantonales. Tout le gratin orange était là. Des sympathisants de base au conseiller aux Etats, des candidats gruériens à la députation aux conseillers nationaux, en passant par les conseillers d’Etat fribourgeois. Tous sont venus prendre une décharge électrique et politique.
«Je sais qu’au PDC Fribourg, vous avez vécu des moments difficiles. Mais l’heure est venue de se rallier, de travailler et de convaincre la population que le PDC est le parti qui s’engage en faveur d’infrastructures de transport performantes, et de la promotion des transports publics, le parti qui défend les familles et la solidarité entre les régions, les villes et les agglomérations.»
Consensus, le mot clé
La journée était placée sous le thème de la mobilité douce, mais la conseillère fédérale a abordé bien d’autres sujets et appelé au consensus à tous les étages. «La politique à court terme, la politique du pointillisme n’est pas une solution pour notre pays. Entre une droite qui ne veut rien dépenser et une gauche qui veut augmenter les dépenses, il faut parvenir à un consensus pour avancer. Le PDC est capable de faire ce travail. Il doit trouver les solutions équilibrées pour que le consommateur, par exemple, ne doive pas payer davantage chaque année pour les primes de caisse maladie.»
Quels conseils donner aux candidats gruériens et fribourgeois qui se présentaient en début d’après-midi? En marge de la manifestation, la ministre jette son regard de braise et confie: «Moi, je n’ai jamais eu beaucoup d’argent pour investir dans une campagne. Alors vous devez aller auprès des gens. Avec le contact direct on peut y arriver. Mais il faut connaître les dossiers, il faut avoir des arguments. Si on veut être respecté il faut savoir de quoi on parle, connaître certains sujets dans les détails.»
Le PDC peut mieux faire
«Je pense que certains politiciens font l’erreur de vouloir être des professionnels de la politique financière, de la santé, de l’agriculture. C’est impossible. Il faut se concentrer sur quelques thèmes dont on connaît les défis à relever.»
Le siège de Doris Leuthard ne sera pas contesté le 14 décembre, mais comment apprécie-t-elle le baromètre électoral de septembre (par l’institut gfs.bern pour la SSR) qui présente son parti à son exact niveau de 2007 (14,5% des intentions de vote)? «Par rapport à un électorat qui augmente, la stabilité veut dire qu’on a gagné du terrain. Mais, naturellement, il faut s’investir dans les semaines prochaines, car nous voulons faire mieux que d’être stables.»
Et la ministre de glisser à l’oreille: «Il faut dire aussi qu’on n’est pas toujours un parti facile. On est compliqué.» Ah bon, comment cela? «Nous sommes un parti du peuple. Si vous voulez combiner Fribourg et Vaulruz ce n’est pas facile n’est-ce pas? Nous faisons ce travail qui consiste à trouver des consensus, des liens de solidarité et de respect. Nous ne pouvons pas nous concentrer sur un ou deux sujets simplement et être populistes. Cela n’est pas notre style.»
Sur ces terres fribourgeoises «si représentatives de la Suisse, avec ses centres-villes, et ses paysans, son économie qui va assez bien, ses infrastructures bien développées et son bilinguisme», Doris Leuthard est venue apporter son énergie et la parole consensuelle.
Claude Haymoz et Yann Guerchanik, 13 septembre 2011
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